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Janvier 2020





 Homélie de ce 25 décembre 2019

La plupart d’entre nous imaginons que Dieu est au ciel, qu’il est tout puissant. On se fabrique vaguement une image de Lui parfois poétique et souvent lointaine. Nous essayons de le connaître, de le prier.


Pour certains c’est une immense Lumière, une Force, l’Esprit de la nature,

Tout cela n’est pas faux mais ce n’est pas suffisant et c’est tellement loin de ce qu’il est vraiment.


A Noël, Dieu a décidé de se faire connaître, de nous dire qui Il est.

 


• Peut-être aurait-il choisi de venir chez nous en roi puissant, pour soumettre tous les hommes à son pouvoir et les convertir ?
• Peut-être serait-il venu sur terre pour nous distribuer son argent et nous vendre du rêve et du mensonge ?
• Peut-être, aurait-il pu venir comme un brillant tribun qui sait convaincre et faire de nous des adeptes de sa doctrine ?
• Peut-être serait-il venu comme un gourou nous promettant la santé et la réussite de nos projets ?
• Peut-être se serait-il venu sous les traits d’autres personnages ?

 

Mais non Dieu a choisi de s’incarner dans un petit enfant. Etrange décision. Un enfant, c’est petit voire insignifiant.
Mais les parents savent combien ce petit être né de leur amour va changer et bouleverser complètement leur vie avec les joies mais aussi avec les soucis qu’il leur réserve.

 

Et c’est à ce bouleversement que nous invite Dieu à Noël. Jésus est venu pour nous bouleverser, pour transformer notre vie et notre manière de voir le monde à son image.

 

Ah si nous pouvions ce matin regarder Jésus dans la crèche avec ce qu’apporte un enfant :


• Avec son innocence d’enfant
• Avec sa fragilité d’enfant
• Avec sa simplicité d’enfant
• Avec sa confiance d’enfant dans les bras de sa mère
• Avec son amour d’enfant pour ses parents
• Avec sa paix d’enfant endormi.


Dieu, en venant chez nous de cette manière simple et modeste se montrait solidaires des petits et des humbles et ami des pécheurs.
En naissant dans la fragilité d’une étable, il est venu aussi habiter nos fragilités, y trouver sa place et nous accompagner et nous réconforter.


En s’abandonnant dans les bras de Marie, il nous révèle qu’il a besoin de nous pour se dire et se manifester à nous et à notre monde.
En acceptant d’être l’enfant de Marie et Joseph, il nous montrait que la seule place que Dieu a encore aujourd’hui pour nous parler, c’est au cœur de notre vie personnelle.

 

L’innocence, la fragilité, la simplicité, la confiance, le pardon, vous ne pourrez pas l’acheter ; ça, vous ne pourrez pas le trouver au marché de Noël ; d’ailleurs, ça ne s’achète pas ; ça se donne et il n’y a qu’une personne qui le donne : ce petit enfant, cet enfant Dieu dont le coeur déborde jusqu’à nous.


Le Seigneur est venu rejoindre notre humanité il y a 2000 ans, sous les traits d’un enfant.
Aujourd’hui encore, Il nous invite à lui laisser une place dans notre vie, lieu de la présence de Dieu. 

Nous sommes mis en face de la création qui est remise entre nos mains, où le sens même de l’existence est de nous échanger avec Dieu, de Lui donner une nouvelle incarnation et de laisser resplendir, à travers notre vie, afin que ce soit de nouveau Noël aujourd’hui, mais pour de vrai !

 

Alors s’il manque la paix dans notre vie agitée, approchons-nous de Jésus, parlons-lui chaque jour et il nous donnera sa paix.


Si notre vie manque de simplicité, laissons-nous simplifier par ce petit enfant.
Si notre vie manque de pardon, approchons-nous de lui, source du pardon.
Si nous croyons que nous nous ne sommes pas aimés ou pas aimables, écoutons Jésus qui nous dit qu’il nous aime d’un amour infini et s’il s’est fait petit enfant, c’est pour qu’à notre tour vous puissions l’aimer.

 

En terminant, je voudrais vous lire un extrait du livre « Une vie bouleversée » qui nous raconte la découverte de Dieu par Etty Hillesum, laquelle est à la veille de mourir dans le camps de concentration d’Auswich.

 

« Je vais t'aider, mon Dieu, à ne pas t'éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d'avance. Une chose, cependant, m'apparait de plus en plus claire : ce n'est pas Toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons T'aider, et, ce faisant, nous nous aidons nous mêmes.
C'est tout ce qu'il est possible de sauver en cette époque et c'est aussi la seule chose qui compte : un peu de Toi en nous, mon Dieu (...). Oui, mon Dieu, tu sembles assez peu capable de modifier une situation finalement indissociable de cette vie. Je ne t'en demande pas compte, c'est à Toi, au contraire de nous appeler à rendre des comptes un jour. Il m'apparaît de plus en plus clairement à chaque pulsation de mon cœur que Tu ne peux pas nous aider, mais que c'est à nous de t'aider et de défendre jusqu'au bout la demeure qui t'habite en nous. (...) Tu connaîtras sans doute aussi des moments de disette en moi, mon Dieu, où ma confiance ne te nourrira plus aussi richement, mais, crois-moi, je continuerai à œuvrer pour Toi, je Te resterai fidèle et ne Te chasserai pas de mon enclos" 

Alain Schoonvaere, Diacre Permanent
Homélie du 25 décembre 2019

En l'Eglise Notre-Dame de l'Assomption à Bouge Moulin-à-Vent (Namur)